Hépatite C

L’hépatite C est une infection virale du foie qui peut évoluer vers une forme chronique en l’absence de traitement. Elle se transmet principalement par le sang et lors de rapports sexuels non protégés.

Prise en charge

La prise en charge des patients infectés par le VHC comprend les traitements antiviraux, la prise en charge des éventuels facteurs associés (consommation excessive d’alcool, excès de poids…) et la prise en charge des complications éventuelles (décompensation de la cirrhose, cancer du foie). Deux types de parcours existent :

1. Parcours simplifié

Ce parcours concerne les patients sans complications médicales majeures. Le suivi est assuré par un médecin traitant ou un spécialiste de santé de proximité.

2. Parcours spécialisé

Les patients avec une situation plus complexe (fibrose avancée, co-infections, antécédents de traitements) sont suivis par une équipe pluridisciplinaire pour adapter le traitement.

Les antiviraux d’action directe (AAD)

Depuis 2015, une nouvelle génération d’antiviraux d’action directe (AAD) a été développée. Ils ciblent des mécanismes spécifiques de la réplication du virus et sont généralement prescrits en association, avec une efficacité comprise entre 95 et 100%.

Les différentes classes d’AAD :

  • Inhibiteurs de protéase NS3A/4A : glécaprévir, voxilaprévir, grazoprevir
  • Inhibiteurs de la protéine NS5A : lédipasvir, velpastavir, pibrentasvir, elbasvir
  • Inhibiteurs de la protéine NS5B : sofosbuvir

Les traitements pan-génotypiques :

  • EPCLUSA® (Sofosbuvir/Velpatasvir) – 12 semaines
  • MAVIRET® (Glecaprevir/Pibrentasvir) – 8 à 16 semaines
  • VOSEVI® (Sofosbuvir/Velpatasvir/Voxilaprévir) – 8 à 12 semaines
  • SOVALDI® (Sofosbuvir)
  • HARVONI® (Sofosbuvir/Lédipasvir) – 8 semaines

Les traitements pan-génotypiques :

  • HARVONI® (Sofosbuvir/Lédipasvir) – 8 semaines
  • RIBAVIRINE – utilisée dans de très rares cas (HAS -11/01/2024)
  • ZEPATIER® (Grazoprevir/Elbasvir) – n’est plus recommandé par l’HAS – 11/01/2024

Le choix du traitement dépend du génotype du virus et des antécédents médicaux du patient. L’identification du génotype est essentielle avant de débuter un traitement.

Grâce à leur efficacité et leur bonne tolérance, les AAD ont transformé la prise en charge de l’hépatite C. D’abord destinés aux patients à haut risque, ces traitements sont désormais accessibles même en cas de fibrose légère ou asymptomatique. Aujourd’hui, près de 99 % des patients traités par une combinaison d’AAD guérissent en 8 à 12 semaines, voire 16 semaines dans certains cas.

AAD et Interactions médicamenteuses

L’utilisation des inhibiteurs de NS5A et de NS5B et/ou des inhibiteurs de protéase, boostés ou non par le ritonavir, expose à des interactions médicamenteuses multiples (recensement des interactions médicamenteuses, notamment sur le site de l’Université de Liverpool)

En pratique, il est donc nécessaire de lister toutes les prises médicamenteuses (automédication comprise) du patient, avant l’initiation et au cours du traitement. Ceci souligne également l’importance d’une prise en charge pluridisciplinaire, notamment avec la participation des pharmaciens.

 Circuit des AAD : les particularités

Les traitements par AAD sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour tous les patients atteints d’hépatite C chronique.

Ces traitements bénéficient d’un double circuit de dispensation (double circuit ville – hôpital) :

  • En pharmacie de ville, sur prescription d’un médecin généraliste ou spécialiste, permettant un accès facilité pour les patients.
  • En pharmacie hospitalière, via le système de rétrocession, notamment pour certains patients suivis en milieu hospitalier ou nécessitant une prise en charge spécialisée.