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  • /Suivi et gestion des effets indésirables des taxanes: Avis d’experts INCA

Contexte

En février 2017, suite à la survenue de cas d’entérocolites sur terrain neutropénique d’issue fatale chez des femmes atteintes d’un cancer du sein infiltrant, l’INCa et l’ANSM recommandaient d’éviter temporairement, à titre de précaution, l’utilisation de docetaxel dans l’indication de cancer du sein localisé et opérable.

Le 5 juillet 2017, suites aux résultats des investigations nationales et européennes, la levée de cette recommandation a été communiquée par l’INCA et l’ANSM.

En réponse à une saisine de la Ministre des solidarités et de la santé, l’INCA a publié le 16 octobre 2017 un Avis d’experts portant sur la prévention et la gestion des effets indésirables des taxanes.

Objectifs

Cet avis, élaboré par un groupe d’experts nationaux pluridisciplinaires,a pour but de proposer une recommandation nationale sur la place des taxanes dans la prise en charge du cancer du sein infiltrant non métastatique en traitement adjuvant.

De plus, il vise à émettre des recommandations sur les conduites à tenir pour la prévention, le suivi et la gestion de certains effets indésirables potentiellement graves liés aux taxanes.

Contenu

Cet avis est scindé en 4 grandes parties:

  • La place des taxanes dans le traitement adjuvant des cancers du sein infiltrants non métastatiques
  • Prévention, suivi et gestion des principaux effets indésirables des taxanes
  • Interactions médicamenteuses pouvant potentialiser la toxicité du paclitaxel et du docetaxel
  • Messages concernant les entérocolites qui pourraient faire l’objet de fiches à l’attention des différents professionnels de santé accompagnant les patientes traitées par un taxane
    • Pour les oncologues médicaux/spécialistes d’organes, prescripteurs du traitement, les pharmaciens hospitaliers
    • Pour les médecins généralistes
    • Pour les pharmaciens d’officine

Résumé

Retrouvez ci-dessous, pour les principaux effets indésirables décrits dans l’avis, un résumé de la conduite à tenir :

POINT CLE

« Toute patiente présentant des signes patents d’entérocolite ou d’irritation péritonéale doit être adressée en urgence pour un avis spécialisé en lien avec l’équipe d’oncologie référente qui devra informer du risque d’entérocolite aux taxanes et préciser le détail du traitement comme du schéma thérapeutique reçu ainsi que la date de la dernière cure »

 

Deux facteurs de risques sont identifiés: neutropénies et iléus paralytique.

Les patients doivent être informés des signes digestifs évocateurs d’une entérocolite: diarrhées, rectorragies, douleurs abdominales avec ou sans fièvre.

La prémédication n’est pas spécifique des entérocolites. L’utilisation des corticoïdes et la prévention des neutropénies fébriles avec l’administration de facteurs de croissances granulocytaire peuvent être mises en place.

Devant toute suspicion d’entérocolite ou de signes évocateurs: un avis spécialisé doit être demandé en urgence et des examens complémentaires devront être réalisés en urgence (recherche d’une neutropénie, ionogrammes, hémoculture et coproculture, scanner abdominal).

Le traitement des entérocolites est soumis à avis d’une unité de soins spécialisée. Les conduites à tenir sont:

  • Antibiothérapie à large spectre probabiliste, antifongiques en cas de signes de gravité ou d’hémocultures positives à levure ou absence de réponse rapide aux antibiotiques
  • Hydratation avec correction des désordres électrolytiques par voie intraveineuse
  • Nutrition entérale ou régime sans résidus voire repos digestif strict pour les cas graves (sous réserve de nutrition parentérale)
  • Nécessité d’un avis chirurgical séniorisé en urgence

Le groupe retient qu’un arrêt définitif du traitement par docétaxel ou paclitaxel est recommandé devant toute suspicion d’entérocolite et le dossier discuté en RCP.

Nécessité d’information des patients sur les risques hématologiques, les délais et le risque accru d’entérocolites. Les patients doivent être, dans la mesure du possible, orientés vers les programmes d’éducation thérapeutique sur la gestion des neutropénies fébriles.

Une prophylaxie primaire par G-CSF doit être instaurée selon les recommandations de prévention des neutropénies fébrile (EORTC/NCCN). L’antibiothérapie n’est pas recommandée.

L’administration de cure de chimiothérapie est conditionnée par le taux de PNN et un hémogramme doit être réalisé avant chaque cure. Un hémogramme doit être réalisé systématiquement en inter-cure en cas de fièvre et/ou en cas de troubles digestifs évocateurs d’une entérocolite

L’usage curatif des G-CSF n’est pas validé à ce jour : en cas de neutropénie, aucun traitement spécifique n’est recommandé et en cas de neutropénie fébrile, un avis spécialisé doit être demandé si infection sévère

En fonction de la gravité de la neutropénie ou neutropénie fébrile, le rapport bénéfice/risque doit être réévalué. Les adaptations posologiques sont détaillées dans les RCP

Il n’existe aucune stratégie de prévention des neuropathies périphériques.

Toute suspicion doit faire l’objet d’un examen clinique et la recherche de douleurs neuropathiques s’effectue selon l’échelle DN4.

Aucun traitement curatif n’est recommandé mis à part un traitement symptomatique contre la douleur.

Une adaptation des posologies peut être réalisée en fonction de la gravité de la neuropathie :

  • Paclitaxel : réduction de 20% des doses
  • Docetaxel : réduction de 100mg/m² à 75mg/m² et de 75mg/m² à 60mg/m². Si les réactions persistent, le traitement sera interrompu

L’ensemble des traitements concomitants du patient doivent être signifiés aux professionnels de santé. Un entretien pharmaceutique est recommandé afin d’établir la liste des médicaments pouvant avoir une toxicité hépatique.

Une surveillance hépatique régulière est à effectuer.

Une adaptation de dose et de posologie peuvent être envisagées en cas d’atteinte hépatique.

Aucun traitement spécifique n’existe.

Des réactions d’hypersensibilité peuvent survenir.

Lors de l’administration, du matériel d’urgence doit être disponible afin de pouvoir traiter toute réaction éventuelle.

Les prémédications sont décrites dans les AMM.